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La filière bâtiment peut compter sur la transition énergétique

27/03/2017

Catégorie :General 

Les incitations comme le crédit d'impôt pour la transition énergétique (CITE) ou l'éco-prêt à taux zéro (PTZ) se sont multipliées ces dernières années, afin de soutenir l'évolution nécessaire du parc immobilier. Dans une étude approfondie intitulée "La filière du bâtiment face à la transition énergétique à l'horizon 2018", Xerfi-Precepta donne des pistes pour que les acteurs puissent faire de l'excellence environnementale un moteur de croissance durable.

 

Le document note que l'Etat reste actif sur le sujet, en imposant de nouvelles obligations réglementaires cette année, comme le diagnostic technique global pour les bâtiments en copropriété, ou la fixation d'objectifs chiffrés dans le cadre de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE). D'après Thibaud Brejon de Lavergnée, auteur de l'étude, ce contexte réglementaire, la diversification des outils de financement, le haut niveau de vente dans l'immobilier ancien et la hausse attendue des coûts de l'énergie concourent à une sollicitation toujours plus forte des professionnels du bâtiment. "Estimée à près de 19 milliards d'euros en 2016 (+2 %), l'activité progressera donc de +4 % en 2017 puis de +3 % en 2018, pour franchir le seuil des 20 milliards d'euros", d'après les prévisions de Xerfi-Precepta.

 

Une adaptation à ce marché plus exigeant sera toutefois nécessaire, afin de "transformer les opportunités de la transition énergétique en sources de croissance". L'expert propose de s'appuyer sur les données collectées par les équipements intelligents (thermostats communicants notamment) afin de créer de la valeur en optimisant les consommations, "en revendant ces informations à un tiers ou bien en les convertissant en solutions innovantes, personnalisées et à forte valeur ajoutée". Thibaud Brejon de Lavergnée souligne que, peu à peu, l'obligation de résultats prendra le pas sur l'obligation de moyens. Les professionnels seront donc obligés "de formuler des objectifs clairs, mesurables et engageants". Plutôt que sur une augmentation du volume des affaires, le modèle économique évoluera vers d'autres ressorts, dont le recours à des plateformes de mutualisation de données du bâtiment, permettant à un opérateur de prendre en charge son exploitation. L'expert propose le néologisme "d'hub-érisation des compétences critiques" au sein des entreprises, qui consiste à intégrer les nouvelles expertises et à croiser les connaissances des collaborateurs. Il note qu'avec le numérique, la complexité des projets s'accroît et que la pluridisciplinarité devient obligatoire, particulièrement dans le cas de la "smart city".

 

 

L'étude insiste sur l'arrivée d'acteurs extérieurs au marché du bâtiment, comme Apple, Google ou Amazon, qui "pourraient bien intégrer à terme la fourniture d'énergie et de solutions d'efficacité énergétique dans le cadre d'offres globales de domotique ou de gestion technique du bâtiment". L'expert prophétise également la montée en puissance des sociétés de services informatiques, des éditeurs de logiciels ou de spécialistes du "Big data". En cause, le retard technologique des acteurs traditionnels qui sont contraints de faire appel à eux pour traiter les quantités astronomiques de données recueillies. Autres entrants sur le marché de l'efficacité, les acteurs de l'énergie qui chercheront à compenser la baisse de consommation de leurs clients en se redéployant dans les services d'exploitation et maintenance des bâtiments. Outre les fabricants de matériels appelés à devenir de plus en plus intelligents (installations photovoltaïques, pompes à chaleur, chaudières), l'étude souligne l'apparition constante de jeunes pousses se positionnant dans l'audit, le conseil, le financement ou le pilotage de la performance énergétique. Un marché qui devrait, finalement, laisser sa chance à tout le monde, des plus petits aux plus grands.

 

Source : www.batiactu.com